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Ode à ma chemise

Ah, ma vieille chemise, tu es rendue vielle, en toute franchise.
Tu es maintenant mince, surtout dans les pinces.
Tu as perdu ton éclat ; je ne te porterai pas pour un gala.
Tu es devenu terne, mais tu es toujours ma peau externe.

Nous sommes rendus vieux et usés par la vie,
à travers bon et mauvais, tu as été là, mon amie.
Nous avons du vécu, nous avons vu bien des choses, 
nous avons parcouru des sentiers que peu en osent.

Parfois, quand je te regarde, je pense aux erreurs
que j’ai commises malgré les signes annonciateurs.
Et parfois, je pense aux extases que j’ai connues,
et aux cadeaux de la vie que j’ai obtenue.

Nous ne sommes plus que des reflets pâles d’antan,
mais que nous avons eus un parcours excitant.
Tu es devenu tellement plus flexible,
et moi, je suis devenu tellement plus sensible.

Maintenant, mon lambeau, tu es plus confortable,
et moi, plus sage, j’ai renoncé au diable.
Jamais tu ne me déguises,
comme moi, tu as envie de vivre.

Ton éclat n’est plus remarquable,
mais tu n’es pas du tout désagréable,
Je n’aime pas du tout être dans la lumière, 
mais je veux faire du bien de manière chevalière.

Tous les deux, nous n’attirons pas les regards,
mais nous sommes fiables à tous les égards.
Ma vieille chemise, je trouve que tu me vas bien,
et j’en suis heureux que tu sois mon lien.