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La feuille est morte

La feuille est morte.
On la piétinera peut-être,
avec la maladresse des êtres.

Elle servira peut-être de repas
aux petites bêtes qui ont froid.
Elle s’est détachée de l’arbre,
elle n’a plus de soutien, plus de destin.

La feuille est morte.
Elle errera dans d’autres saisons,
où elle se dégradera dans le temps.

La feuille est morte.
Sa teinte a pâli quand elle s’est décrochée de la vie.
Dans cette sphère morbide,
elle tourbillonne dans le vide.

Son destin était de disparaître dans les ruelles
avec d’autres comme elle.
Le craquement de sa mort sur un tapis ensevelie
 sèche dehors pour enjoliver le décor.

C’est l’automne,
saison de couleur pour les yeux de l’homme.
C’est l’automne,
saison où la mort frissonne.

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Ode à ma chemise

Ah, ma vieille chemise, tu es rendue vielle, en toute franchise.
Tu es maintenant mince, surtout dans les pinces.
Tu as perdu ton éclat ; je ne te porterai pas pour un gala.
Tu es devenu terne, mais tu es toujours ma peau externe.

Nous sommes rendus vieux et usés par la vie,
à travers bon et mauvais, tu as été là, mon amie.
Nous avons du vécu, nous avons vu bien des choses, 
nous avons parcouru des sentiers que peu en osent.

Parfois, quand je te regarde, je pense aux erreurs
que j’ai commises malgré les signes annonciateurs.
Et parfois, je pense aux extases que j’ai connues,
et aux cadeaux de la vie que j’ai obtenue.

Nous ne sommes plus que des reflets pâles d’antan,
mais que nous avons eus un parcours excitant.
Tu es devenu tellement plus flexible,
et moi, je suis devenu tellement plus sensible.

Maintenant, mon lambeau, tu es plus confortable,
et moi, plus sage, j’ai renoncé au diable.
Jamais tu ne me déguises,
comme moi, tu as envie de vivre.

Ton éclat n’est plus remarquable,
mais tu n’es pas du tout désagréable,
Je n’aime pas du tout être dans la lumière, 
mais je veux faire du bien de manière chevalière.

Tous les deux, nous n’attirons pas les regards,
mais nous sommes fiables à tous les égards.
Ma vieille chemise, je trouve que tu me vas bien,
et j’en suis heureux que tu sois mon lien.

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L’inukshuk

Solidarité d’un peuple oublié dans lequel
les pierres se soudent par la puissance de l’amour.
Par son symbole, il rassemble les hommes,
jamais la division n’atteindra leur nation,
car sa vision a traversé les temps.

Robuste sculpture, témoin d’amertume,
tu as fait respecter toutes les coutumes.
De nombreux rituels assoupissent les séquelles,
pour que leurs esprits montent jusqu’au ciel.

Dans ton folklore, ton âme est devenu fort.
Ton makusham a trépassé les armes,
pour que ton tambour soit aubade à l’amour.

Ton histoire résume la montée de tes plumes.

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La bêtise humaine

Toutes ces tragédies tragiques,
toutes ces souffrances souffrantes.
Nous n’apprenons rien,
que nous soyons carnivores ou végétariens.

Depuis des millénaires, nous récommettons les mêmes erreurs,
sans jamais comprendre que pour l’avenir, l’histoire est annonciateur.
Nous développons de meilleures manières d’infliger des souffrances,
tout en choisissant d’ignorer notre propre aberrance.

Tous ces morts et tous ces abus,
au nom de la cupidité et de la stupidité.
Plus ça change, plus c’est pareil,
la nature humaine n’est jamais sortie de la corbeille.

Que nous vivons ou que nous mourrons,
rien ne change, à part quelques fleurons.
Pourquoi ne pas essayer d’aider ceux qu’on aime,
avant que soit prononcé notre requiem ?

Nous pouvons connaître l’amour et la joie,
avec un peu d’effort et un soupçon de foi.
Traitons les autres comme nous voulons être traités,
et c’est certain que d’autres nous traiteront d’une manière aimée.